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Un Cataclysme puissant qui ravage une société moderne, en pleine expansion. Les survivants s'entraident pour tenter de recréer un ordre viable... Mais nul ne sait ce qui les attend, surtout pas eux !
 
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Anastass Svirenko
Civil/Humain

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Inscrit le: 18 Juil 2010
Messages: 7
Masculin

MessagePosté le: Dim 2 Jan - 18:33 (2011)    Sujet du message: Vous voulez... ? Répondre en citant

Retrouver le chemin s'était avéré bien plus difficile que prévu.
Mais maintenant, au bout d'une énième tentative... il avait réussi. Anastass était fier de lui, et les autres le seraient sûrement aussi. Combien de fois déjà était-il retourné au navire bredouille, sans rien de ce qu'il promettait à ses compagnons d'infortune ? Mais c'était terminé, à présent : il se rappellerait du chemin.
Des souvenirs progressivement revenaient à son esprit, alors qu'il marchait dans la ville depuis maintenant des heures, silhouette étrange dans tout autre monde que celui-ci mais dorénavant complètement banale : un bonhomme petit, vêtu d'un imper couleur treillis complètement déformé par la pluie, un sac à dos et un RPD en bandoulière, son chapeau dissimulant un peu son visage illuminé d'émerveillement devant le spectacle de la ville. Ces bâtiments, ces tôles ondulées, ces enseignes qu'on ne prenait même pas la peine d'enlever des façades, ces gens hagards qui erraient sans but, ces dizaines de bidons qui servaient au stockage, faute de mieux... il ignorait se trouver dans l'un des quartiers les plus déshérités – ce qui n'était pas très difficile, mais quand même – du dernier havre de civilisation humaine. La Fin du Monde avait précipité presque toutes les âmes de cette cité dans une misère plus noire et épaisse qu'une nappe de pétrole brut, et lui admirait cela avec des yeux de gamin ; on aurait remarqué son sourire à des kilomètres si ses dents avaient été propres. Il tournait presque sur lui-même pour ne rien rater de tous ces détails, de toutes ces choses qu'il redécouvrait après un an de captivité sur un bateau dont sa raison n'était pas ressortie. Personne ne faisait attention à lui, et pour cause : il commençait à faire nuit, le froid mordait plus fort qu'un monstre de la forêt, et une espèce de pluie vaguement neigeuse, crasseuse et collante, tombait sans se presser ni trop viser sur le sol. Quelques néons grésillaient de ci de là, projetant une lumière blafarde et pas très engageante sur la scène.
Anastass ne faisait absolument pas attention à ces détails-là : il avait réussi. Il pourrait enfin faire plaisir à Emily et lui trouver des clopes, et se débarrasser de ces barres de chocolat dans son sac qu'il ne supportait plus de voir. Il pourrait peut-être même... prendre quelque chose pour lui ? Oui, après tout pourquoi pas... Comment on disait déjà ? Faire ses courses... Acheter... à boire... Toutes ces choses dont il ne possédait plus que des souvenirs brumeux, détruits, déchiquetés par la folie, la solitude et la tristesse... Bien sûr que son bateau lui suffisait, ce serait pour toujours sa maison... en avait-il eu une avant, d'ailleurs, de maison ? Il ne se rappelait plus... Mais il pouvait peut-être passer une nuit ici...
Non ! Les gens d'ici, ils lui feraient des choses... ils lui feraient du mal, et ils feraient mal à ses amis... Jonathan le lui avait dit, après que Diego l'ait poignardé et partiellement dévoré : s'il avait fini comme ça, c'est parce qu'il avait dit à Diego qu'il se ferait jeter en prison une fois qu'ils trouveraient une terre... Les gens à terre provoquaient la folie, disait-il : sois prudent, Anastass, tu es le dernier d'entre nous à pouvoir nous aider....
Pourquoi ? Ils pouvaient se lever aussi, non ? Ben non, ils étaient tous morts... Mais ils étaient vivants.
L'ancien comptable se ressaisit. Tu dois les aider. Ils ont besoin de toi. Reste un peu ici, mais n'oublie jamais de repartir, ou tu ne repartiras jamais ; en attendant, méfie toi de tout. Fourgue ces barres de chocolat, et trouve un lieu où te reposer. Puis pars.
D'accord, Anastass. Faisons ça.

Le pauvre fou cessa totalement de s'émerveiller pour avancer d'un pas décidé, prêt à faire basculer sa mitraillette dans sa main s'il le fallait. Jonathan devait avoir raison, forcément ; avant, il était journaliste, un très grand journaliste... il savait bien plus de choses sur les gens que lui, sûrement – Anastass avait-il inventé ce passé pour Jonathan ou pas, cela ne se saurait jamais. Mais en tout cas... attention. Lui avait réussi à traverser toutes ces épreuves sans dommage ; mais comment savoir les autres vivants y étaient parvenus ? Son pas s'accéléra de plus en plus, pour finalement presque courir d'une ruelle à l'autre, cerné des maisons bringuebalantes, des centaines de fils courbés sous le poids de la survie au dessus de sa tête... le sol était imprégné d'eau et de cette espèce de chose humide qui tombait du ciel... Anastass avait peur, de plus en plus peur. Il finit par aller se coller aux murs pour avancer en les rasant, imitant sans le savoir les gestes du plus prudent – ou du plus terrorisé – des militaires en pleine opération. Il essuya son front et ses cheveux trempés de sueur, et sentit son pied déraper. Attention... si tu tombes, tu es fichu. Jamais tu ne rapporteras ses clopes à Emily et jamais tu ne pourras lui plaire un peu. Jamais jamais.
D'accord, je fais attention.
Anastass finit par faire venir son arme dans sa main, prêt à s'en servir au moindre danger, voire au moindre son. Les créatures de la forêt succombaient à ses balles ; un vivant n'aurait aucune chance. Quel retournement de situation dans sa pensée... Il fallait quand même que quelqu'un puisse acheter ses barres, non ? Reste sur tes gardes. Patiente un peu avant de tout canarder. Tu peux essayer d'entrer quelque part ? Il y aura sûrement des gens. Ou alors quitte cet endroit, cherche des rues plus fréquentées.
Ou alors refile ça à la première personne qui aura des clopes et tire toi ; et ne reviens jamais.
D'accord pour ce plan.
Renfonçant son chapeau sur son crâne, Anastass revint lentement vers le milieu de la rue, tellement concentré sur ce plan qu'il dérapa à nouveau sur quelque chose : il s'affala dans la boue et dans un grand bruit sale. Un juron quitta ses lèvres et il se retrouva sur le dos, dans la gadoue, sous cette neige infâme qu'on n'appelait comme ça que parce qu'on ne pouvait encore la définir par un autre mot.
Les barres !
Le fou se remit instantanément sur ses pieds, ouvrit son sac et vérifia son chargement. Intact, apparemment...
Il fouilla dans le fond, pour vérifier le tout, complètement indifférent au monde extérieur.

_________________


Salut Bob ! Alors, comment vont tes asticots ?


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MessagePosté le: Dim 2 Jan - 18:33 (2011)    Sujet du message: Publicité

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