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Un Cataclysme puissant qui ravage une société moderne, en pleine expansion. Les survivants s'entraident pour tenter de recréer un ordre viable... Mais nul ne sait ce qui les attend, surtout pas eux !
 
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:: Allô maman, bobo ::

 
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Samuel Wray
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MessagePosté le: Jeu 28 Oct - 21:34 (2010)    Sujet du message: Allô maman, bobo Répondre en citant

Je venais d'entrer à Neorbis, je venais d'affronter avec succès le scanner à la voix atone et le garde à l'expression qui l'était tout autant, et j'avais toujours cette plaie qui suintait le sang. Ma main droite tenant le pansement de fortune constitué d'une chaussette lavée à l'huile de coude et à l'eau de source qui recouvrait l'incision dentelée causée par une lame émoussée, je tâchais de rester vaillant, mais c'était plus facile à dire qu'à faire. Heureusement que mon vaccin anti-tétanique était à jour.
En plus, mon t-shirt était foutu et j'allais devoir m'en trouver un autre. J'avais cependant un petit sourire en coin à l'idée incongrue que malgré dix ans de service dans les forces spéciales et un paquet d'opérations sur le terrain, je n'avais encore jamais été blessé à ce point. Oui, ça me faisait sourire. Après tout, il vaut mieux en sourire qu'en pleurer, non ?

Pour être franc, j'étais paumé. Mon statut venait de connaître une évolution que j'étais loin de considérer comme une amélioration : de marcheur errant isolé, je passais à marcheur déambulant en compagnie de nombreux autres. Tous ces pauvres gens... C'était à désespérer. Nulle part où aller ailleurs qu'entre les ersatz de murs de ce qui n'avait de ville que le nom, rien d'autre à faire que de tenter de survivre à court terme
Au fond, la seule différence entre Neorbis et le no man's land, c'était la densité de population au kilomètre carré. Du moins était-ce l'impression que j'en avais.

Mes doigts deviennent plus chauds. Le pansement est complètement imbibé de sang, ça me coule sur les phalanges. Il est temps de revenir aux préoccupations du présent.
Mon premier contact avec la population : je hèle un autochtone.

« S'il vous plaît, vous savez où je peux trouver un médecin par ici ? »
Le type s'arrête, me regarde des pieds à la tête, grogne quelque chose d'incompréhensible puis tend le bras dans une direction. Au moins, c'est un peu plus précis que l'indication du planton de service à l'entrée de la ville. Je jette un oeil... Ce blaireau vient de me montrer un poteau indicateur mal fixé. Le mot « Opitale » y est écrit en lettres noires sur fond de bois, et ça me pique les yeux.
Bon, d'accord, je passe pour un con. Mais quand même ! J'ai été poli et civilisé. Pauvre tâche. Sur le coup, c'est pas l'envie qui me manque de le rembarrer, mais je serre les dents. Non, ce n'est pas ma fierté que je ravale, c'est ma douleur qui se réveille. C'est sans grande conviction que je tente un « Merci » à peine audible, et j'y retourne. Le vent se lève.

J'arrive en vue du bâtiment, et ma mâchoire manque de toucher mes orteils. D'ailleurs, ça aurait bien été la première fois de ma vie.
Un hôpital, ça ? On dirait un emmental de pierre posé sur un champ de tir au canon de 155mm... Je fais encore quelques pas, soudain en proie à une grande désillusion. Eh ben oui, crétin, tu t'attendais à quoi, une clinique flambant neuve ? La réalité me frappe en pleine tronche, et je ne peux même pas lui rendre le coup.
Et puis, à l'entrée du lieu que je n'ose même plus appeler hôpital, un mauvais pressentiment m'assaille. Ma main gauche se referme sur la crosse de mon Hornet, et je titube vers ce qui, autrefois, devait servir d'accueil. C'est l'anarchie, des blessés partout, et pas moyen de voir une blouse blanche, ni même une verte ou une bleue. Ma voix s'élève, je lui donne du corps et de la puissance pour m'assurer d'être entendu, mais je demeure sur le qui-vive.


« Qui fait partie du personnel de ce... Où sont les soignants ? »
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Dernière édition par Samuel Wray le Mer 17 Nov - 08:49 (2010); édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu 28 Oct - 21:34 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Sarah
Scientiste/Humain

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Inscrit le: 18 Juil 2010
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MessagePosté le: Dim 7 Nov - 21:12 (2010)    Sujet du message: Allô maman, bobo Répondre en citant

Encore une nouvelle journée. Encore un matin comme un autre, où il fallait se lever, avaler cet ersatz sans goût qu'on appelait café pour se faire croire que s'en était, avaler un sandwich sans goût, parce que même si ce n'est pas très agréable pour commencer la journée, au moins ça évitait de prendre un malaise en plein travail. Un médecin qui s'évanouit au moment d'entrer dans la salle d'opération, ça ne rassurait personne. Ensuite, prendre une douche, s'habiller, et finalement partir pour l'hôpital, à pied. Tel était le quotidien de Sarah, et cette journée ne faisait pas exception.

La différence fut qu'en arrivant à l'hôpital, elle tomba tout de suite sur un patient, sans même devoir pousser jusqu'à la salle d'attente des Urgences rudimentaires. Un homme grand, cheveux et regard sombre. Mais ce que remarqua surtout la jeune médecin, ce fut le sang qui gouttait sur ses doigts, le pansement de fortune tellement imbibé de sang qu'on aurait pu croire à un morceau de chair. Et cet homme appelait, demandant où étaient les médecins, ou les infirmiers, de ce qu'il semblait ne pas pouvoir se résoudre à appeler un hôpital. Certes, vu de là, le bâtiment tenait plus de la ruine que du C.H.U, et vu de l'intérieur aussi, mais ça restait ce qui se faisait de mieux en centre hospitalier à la pointe de la technologie sur toute l'île. Rassemblant sa chevelure d'encre en queue de cheval haute, la femme s'avança d'un pas vif, énergique.

"Il semblerait que le soignant, ça soit moi. Entrez à l'intérieur."

Si il avait su marcher jusque là, il saurait bien faire quelques pas de plus. Avisant une aide-soignante qui finissait visiblement sa nuit, la chirurgienne la héla et lui demanda de s'assurer que le blessé arrivait bien jusqu'à la salle de soin la plus proche. Puis, sans donner plus d'explication, elle prit une porte marquée "Réservé au personnel", les plantant là.

Il s'agissait en réalité des vestiaires, et elle se dirigea rapidement vers son casier, où elle remisa ses vêtements civils avant de revêtir sa tenue blanche. Cela ne prit que quelques minutes, après quoi elle ressortit pour faire ce qu'elle pouvait pour son premier patient de la journée. Le premier sans doute d'une longue liste.

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Samuel Wray
Civil/Humain

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MessagePosté le: Mer 10 Nov - 00:03 (2010)    Sujet du message: Allô maman, bobo Répondre en citant

La femme qui venait de répondre à ma question était entrée un instant après moi. Jetant un coup d'oeil par-dessus mon épaule, je l'avais avisée des pieds à la tête d'un oeil professionnel. Silhouette standard, pas d'arme visible, expression calme et neutre quoique peut-être légèrement blasée et désinvolte, comme si le poids de la tâche reposant sur ses épaules avait tendance à se faire sentir plus que de raison. Rien à signaler. L'habit ne fait pas le moine, certes, mais ce vieux dicton avait quelques siècles derrière lui, et je n'avais encore jamais rencontré de moine en costume-cravate ou en bleu de travail.
Peut-être qu'elle ne verrait pas la différence entre une étude rapide du potentiel de dangerosité et un regard lubrique, mais après tout, ce n'était pas ce que je lui demandais. Au pire elle me poserait la question... ou pas.

Sur la crosse de mon revolver, la tension de mes doigts s'était relâchée et j'avais laissé ma main retomber le long de ma cuisse, en essayant de réaliser ce geste de façon désinvolte, discrète, tout en inclinant la tête en guise de salut.


« Bonjour doc. Merci, j'entre. »

Faut savoir rester poli, quoi. Et oui, je dis « bonjour », pas « salut ». Ces cons de toubibs, je sais comment ça fonctionne, et même si celle-là a l'air bien plus fatiguée par la charge de travail que méprisante envers ceux qui ne côtoient pas la haute sphère des médecins, ce n'est pas une raison pour se comporter comme le dernier des culs-terreux du Texas.
Sur le moment, j'ai d'ailleurs une furieuse envie de lui répondre par le stupide mais néanmoins pertinent commentaire populaire consacré à cet effet :
*entrer à l'intérieur ? Parce qu'on peut entrer à l'extérieur ?* Or il ne faut pas le nier quitte à devoir le répéter : ce serait pertinent, mais stupide, et je réfrène donc toute volonté d'intervention de ce genre. Cependant, la réflexion fait naître un léger sourire sur mon visage. Avec un peu de chance, la femme le prendra comme une expression amicale envers elle.

Ayant travaillé dans un hôpital, il ne me faut pas longtemps pour comprendre que si la femme s'en va par cette fameuse porte, c'est très probablement pour se changer. J'avise donc la collègue à laquelle elle a refilé le bébé, très beau bébé soit dit en passant, et je l'interpelle avec amabilité.


« Bonjour, je m'appelle Samuel Wray. Et vous ?
- Anita. Si vous voulez bien me suivre, Monsieur Wray... Vous avez besoin d'aide pour vous déplacer ?
- Appelez-moi Samuel. Merci Anita, ça ira, je vous suis. »

Voilà pour les formalités. Après avoir accompagné la soignante en salle, je la laisse installer la table en position allongée et je prends place après avoir ôté blouson et T-shirt, oui, je suis bien installé, non, je n'ai besoin de rien, oui, c'est douloureux, non, je ne m'inquiète pas. Oui c'est ça, merci bien.
Un bras replié derrière la tête, je garde un oeil sur ce qui m'entoure.

Plus qu'à attendre.

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Sarah
Scientiste/Humain

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MessagePosté le: Lun 6 Déc - 18:50 (2010)    Sujet du message: Allô maman, bobo Répondre en citant

Une fois en tenue pour exercer son art, qui parfois tenait plutôt de la boucherie, la jeune femme se dirigea vers la salle de soin, croisant Anita dans le couloir. Quelques mots furent échangés, pour une première idée de l'état du patient, mais surtout de son agressivité, et de sa résistance à la douleur. Un patient plutôt agréable, dans l'ensemble: il ne hurlait pas de douleur, n'insultait pas tout le monde, mais ne prétendait pas non plus que ce n'était rien. La médecin resta sans réaction à la remarque de l'aide-soignante qui ajoutait qu'il n'était pas désagréable à regarder, à peine un sourire indulgent. Ici, elle était médecin avant d'être femme, c'était la seule façon qu'elle avait trouvé pour se protéger, de la douleur, de la fatigue, de la tristesse. Elle n'était pas inhumaine, ni dépourvue de compassion. Elle était juste professionnelle, détachée.

Poussant enfin la porte, elle pénétra dans la pièce certes un peu vétuste, mais propre autant que possible malgré les fissures des murs et les peintures plus que défraichies. L'homme était allongé sur la table de soin, et Sarah s'approcha, attrapant des gants à usage unique.

"Comment avez-vous été blessé, et par quoi ?"

Le ton était neutre. La question n'était pas posée par simple curiosité. Elle souhaitait savoir si il risquait d'y avoir plus de dégâts que ceux déjà visibles. D'un meuble blanc, elle sortit du matériel de suture sous emballage stérile, des compresses de gaze, et un flacon de ce qui était de toute évidence du désinfectant de couleur orangée.

"Ce n'est sans doute qu'un espoir vain, mais seriez-vous à jour de votre vaccin antitétanique ?"

La praticienne avait découvert à ses dépends, et à ceux de sa réserve de sérum, que lorsque tout allait bien, très rares étaient ceux à faire leurs rappels de vaccin.

Tout en interrogeant son patient, elle tenta très doucement les bords de la blessure, à la recherche de lividités ou de boursoufflures indiquant une éventuelle infection.

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Samuel Wray
Civil/Humain

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MessagePosté le: Lun 3 Jan - 18:18 (2011)    Sujet du message: Allô maman, bobo Répondre en citant

En attendant la toubib, j'avais évidemment sorti mon inséparable briquet de ma poche. Je jouais avec de ma main libre, clic, tchic, clac, tchac, essayant de trouver une nouvelle façon de l'ouvrir et le fermer en le faisant tourner entre mes doigts. La contemplation du décor enchanteur de la salle de soin ne m'avait en effet apporté qu'une distraction toute relative et très passagère.
Les cliquetis métalliques du briquet remplaçant le doux mécanisme d'une horloge, les secondes s'étaient égrainées, me permettant de profiter d'un maigre répit dont j'aurais eu tort de me priver. J'avais certes trouvé l'hôpital local, mais je n'étais pas au bout de mes peines. La souffrance à venir s'annonça en couinant au rythme des semelles plastique des tatanes professionnelles du docteur laconique.

La toubib entre, je ferme mon briquet une dernière fois d'un geste rapide, tchac, et je me redresse de quelques degrés pour l'observer. Ouaip, elle donnait quand même vachement l'impression de porter, sinon le poids du monde, au moins celui de son hôpital sur les épaules. Allez, cette fois je ne vais pas trop faire le mariole. Autant être son patient sympa et pas chiant de la journée, ça n'illuminera pas plus la mienne mais je ne suis plus à ça près.


« Un combat de plus contre des Charognards, vous savez, ces vermines qui écument les ruines de l'ancien monde. L'un d'eux maniait le couteau qui m'a fait ça. Autant ne pas vous cacher que je l'en ai copieusement remercié. »

Tout en répondant, j'observe les gestes de la praticienne et le matériel dont elle se dote. Suture, normal, désinfectant, normal, compresses, normal... Il manque un truc. Merde. J'aurais espéré une petite anesthésie locale. C'est si dur à trouver que ça, un petit flacon de ropivacaïne ?
Mon p'tit Sam, il va falloir serrer les dents.

La toubib me donne cependant l'occasion de penser à autre chose, et c'est avec un sourire satisfait que je poursuis la conversation.


« Oui, et tous les autres aussi. Absolument tous, même le vaccin anti-alkylcyclobutanone. Avant le Cataclysme, je travaillais dans un hôpital. »

Je m'en tiens là pour le moment. Comme un gentil patient pas chiant, je réponds à la question, et juste à celle-là. Pas la peine de lui déballer mon histoire, ça la foutrait mal si elle n'en avait rien à faire. Mais j'imagine que la toubib va être au moins étonnée de voir débarquer de nulle part un type blindé d'anticorps...
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:30 (2018)    Sujet du message: Allô maman, bobo

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