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Un Cataclysme puissant qui ravage une société moderne, en pleine expansion. Les survivants s'entraident pour tenter de recréer un ordre viable... Mais nul ne sait ce qui les attend, surtout pas eux !
 
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:: Havoc ::

 
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Havoc
Smoker/Humain

Hors ligne

Inscrit le: 28 Juin 2010
Messages: 8

MessagePosté le: Mar 29 Juin - 00:46 (2010)    Sujet du message: Havoc Répondre en citant

Fiche d'identité
    
 
Identité :

   
     
Nom : Talarès
Prénom : Louise
Surnom : Havoc
Age : 31
Race : Humaine
Groupe : Smoker
Rang souhaité (place dans Neorbis) : Electromécanicienne, Dealeuse
Orientation sexuelle : Indéterminée.
 
Scanner de description physique et mentale :

   
     
Description physique : Louise est une femme de la trentaine dont l’apparence  a souffert des miasmes putrides dégagés par la collision. Sa peau a fondue en de nombreux endroits : sur l’avant-bras droit, en haut du dos jusque sous le sein gauche. Il ne s’agit pas de brûlures de surface, mais d’effets secondaires d’une exposition prolongée aux radiations. Son visage en revanche est resté intact. Plus qu’intact, même. Suite à cette même exposition, les cellules semblent s’être régénérées, rajeunissant son profil de quelques années. Malgré cela, son physique n’a rien d’extraordinaire. Elle est plate comme une planche à pain, n’a pas de lèvres particulièrement charnues, ni d’yeux dans lesquels on pourrait se noyer. Non, dans les yeux de Louise, on barbote tout au plus. Seuls ses cheveux la placent un peu hors du lot. Dressés en une grande crête dont la couleur change selon les teintures qu’elle peut avoir sous la main, tantôt s’élevant vers le ciel, tantôt lui tombant sur les yeux, ils tranchent nettement avec son visage assez commun. Malgré leur absence de féminité caractérisée, les traits de Louise sont fins et agréables à regarder. Un nez légèrement pointu, un front dissimulé sous les épis, et deux yeux verts à la pupille vive. On pourrait la prendre pour un adolescent, si ce n’était sa carrure athlétique et sa voix. Cette dernière est sans doute la seule preuve de sa féminité. Douce et posée, elle jure avec cette apparence légèrement baroque. Sa démarche est sereine. Et malgré le peu de noblesse dans son allure, et sans que son visage n'affiche de dédain, il n'est pas rare qu'on lui trouve le port altier.
Style vestimentaire : Havoc est mécanicienne. Son accoutrement s’en ressent. Elle porte de lourds vêtements récupérés sur des cadavres de soldat, ou sur des techniciens scientistes, qui devinrent cadavre peu de temps après. Du cuir, du kevlar… Des matières résistantes, pour se protéger des coups, des soudures, ou encore des erreurs de montage qui ont tendance à exploser. Elle porte aux pieds de grosses chaussures aux bouts coqués, arrachées aux pieds d'un collègue qu'un marchand avait refroidi.


Description mentale : À bien des égards, cette pauvre fille est totalement siphonnée. Confiez-là à un psychanalyste et il vous parlera d’un traumatisme, d’un œdipe mal accompli, ou d’une relation malsaine avec l’oncle Paul. Il n’en est rien. Havoc n’est pas folle. Du moins, pas aux yeux de ses compagnons. Elle est smoker. Et elle adore ça. Avant le crash de la météorite, elle travaillait dans un atelier, avec un patron et des collègues. La vie n’était pas particulièrement intéressante, et elle s’en foutait, elle aimait réparer des trucs. Mais une fois que tout à été ravagé, elle s’aperçut que plus que tout, elle aimait détruire et reconstruire… Pour mieux détruire. C’était extrêmement jouissif. Prendre ce qu’on voulait, ou on voulait, sur qui on voulait, pour construire ce qu’on voulait. Assez vite, ses talents lui valurent les amitiés des autres marginaux, qui passaient par elle pour s’équiper. Assez vite, elle élargit son domaine vers l’armement et la chimie. Elle expérimenta plusieurs substances. Certaines sur des cobayes plus ou moins consentants, d’autres sur elle-même. Les psychotropes la perturbèrent plus qu’elle ne l’était déjà. Quelques-unes entrainèrent des dépendances, mais comme elle est sa propre fournisseuse, le problème n’en est pas vraiment uns. En revanche, sa personnalité s’en est trouvé grandement altérée. Son goût pour le chaos, exacerbé, la plonge parfois dans des vagues de violence inexpliquée, ou rien n’est en mesure de la calmer.

Ce que vous aimez : Havoc est une adepte inconditionnelle de la récupération. Ce qu’elle préfère par-dessus tout c’est rassembler différentes pièces de différents objets pour un faire un nouvel objet inédit. Elle aime l’adrénaline, les drogues, la liberté. Elle aime ne plus avoir à penser, perchée sur le toit d’un bolide, faisant feu sur des voyageurs imprudents. Elle aime dépouiller les charognes, tabasser les fanatiques, capturer et rançonner les scientistes, tracer au milieu des civils en lisant la crainte dans leurs yeux. Elle aime être une smoker. Elle aime se sentir vivre. Et plus que tout, elle aime le Blast.

Ce que vous détestez : Havoc n’éprouve que très peu de haine ou de colère. Ce qu’elle n’aime pas, elle le traite avec indifférence. Ce qu’elle traite avec indifférence peut disparaître. Ce qui peut disparaître disparaîtra si cela contient quelque chose d’intéressant. Le peu de rage qu’elle peut avoir sera dirigé contre le pseudo-gouvernement et ses représentants. Elle les hait, pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils représentent. Une tentative imbécile de rétablir un ordre voué à l’échec.


Qualités : Havoc est une femme intelligente, au sens scientifique du terme. Ses raisonnements sont d’une logique proche de la machine. Elle est capable de tirer profit de son environnement et d’exploiter chaque objet, chaque débris pour en faire quelque chose. Elle est très habile de ses mains, bonne dessinatrice (même si elle se cantonne au dessin industriel)  bricoleuse hors pair et sacrément débrouillarde.
A forger, porter, marteler, sa force physique a augmenté jusqu’à dépasser celle du commun des mortels. Sous ses dehors instable et imprévisibles, Louise garde tout de même une certaine ligne de conduite à laquelle elle est fidèle. Elle reste loyale aux autres smokers et ne les attaquera pas la première.

Défauts : Louise a de gros problèmes. Premièrement, et c’est probablement le pire, son absence totale d’empathie. Rien de ce qui arrive aux autres ne lui provoque d’émotion. Seules ses propres sensations comptent. Par conséquent, certains sentiments lui sont impossibles : la compassion, le mépris, l’abnégation. Elle ne peut penser qu’en fonction d’elle, ou en fonction d’un groupe dont elle fait partie. D’autre part, elle n’a ni scrupules, ni remords. Profondément amorale, elle ne saura se laisser convaincre que par des arguments matériels.

Avez-vous des signes distinctifs non précisés ? :  Tatouage d’un cerveau en flamme sur l’omoplate droite témoignant de son appartenance au gang dispersé des Burning Brains.
     
Scanner des connaissances :


   
     
Vers quel type de connaissances vous orientez vous ? : Des connaissances scientifiques, mais pratiques dans l’ensemble. Il ne faudra pas demander à Havoc de résoudre une équation du second degré, ni de trouver la formule du benzoate de potassium. En revanche, demandez lui de vous monter un fusil a partir de pièce détachées, de réparer le moteur de votre dragster, de vous confectionner un bras robotisé, ou même de vous préparer trois grammes de poudre du diable, et elle s’exécutera sans problème. Le seul domaine ou la théorie rejoint la technique c’est la mécanique, puisqu’avant le cataclysme, elle a fait des études dans cette branche.

Avez-vous des particularité (le combat, l’informatique…) ? : Voire plus haut. Néanmoins, on peut noter qu’Havoc n’est pas une mauvaise tireuse, même si elle est loin d’être un sniper, et qu’elle est capable de se battre à main nue, misant sur sa force développée plutôt que sur de la technique. Son véritable talent au combat est d’avoir à sa disposition un équipement inédit et souvent loufoque.


Comment percevez-vous les autres clans avec qui vous cohabitez ? : Les civils ne l’intéressent pas vraiment, sauf dans la mesure ou elle peut commercer avec  eux, ou encore les amener à embrasser la vie de smoker. Les Scientistes sont des snobs qui travaillent avec le meilleur matériel qui soit, mais servent ses intérêts en améliorant ses conditions de travail. Elle ne leur en garde donc pas rancune. Les fanatiques sont des idiots qui n’ont rien compris à ce qui était arrivé et qui se réfugie derrière un culte pour chasser leur peur.

Votre passé :
 
Blast. Elle l’a lu dans un livre. C’est comme ça qu’elle l’appelle. Cet instant ou les sécrétions cérébrales prennent le pas sur la raison et propulsent le corps dans un monde de sensations brutes. Un monde sans filtre, entier, horrible, captivant. La première fois que Louise Talarès fit l’expérience du blast, c’était à quinze ans. Trent, son grand frère l’avait autorisé à venir à l’une de ses fêtes. Elle était la plus jeune, et tout autour, les jeunes gens la regardait avec curiosité. Difficile de trouver sa place dans ses moments, elle avait bu plus que de raison. Bien plus. D’un coup, elle était devenue la coqueluche de la soirée. On lui proposa diverses substances, et sous l’œil bienfaisant de son junkie de frère qui lui indiquait quoi prendre et comment, Louise connut sa première défonce dure. Les montées d’acide, le goût amer de la cocaïne stagnant dans les sinus, l’âpre fumée de l’herbe, et bien d’autres délicieuses agonies qu’elle se distillait. Ca arriva à cinq heures du matin, sur le balcon de l’appartement miteux que Trent colloquait avec d’autres loques. Cinquième étage, lever de soleil sur les tours en béton de Lud. Blast. Une décharge électrique le long de l’épine dorsale partant des reins, sinuant, se glissant dans le trou occipital pour venir embraser son crâne. Ses membres se mirent convulser, ses yeux ne clignaient plus et sa bouche s’ouvrit. Elle restait debout, immobile incapable de faire autre chose que de vivre. Elle était consciente de chaque veine, chaque organe, de chaque cellule de son être. Sa vessie ne tint pas le choc, et elle mouilla son jean. Elle s’en foutait. Marc arrivait. Elle ne le vit pas, pas plus qu’elle ne l’entendit. Elle su simplement qu’il arrivait. Marc… Un déchet humain parmi tant d’autres. Il lui parla, mais elle ne comprit pas. Il essaya de l’entraîner à l’intérieur. Elle se débattit. Il la gifla. Toute sa vie elle devait se souvenir de ces quelques secondes séculaires. Sa main droite vint percuter la poitrine du jeune homme, sa main gauche le plexus, tandis que son genou vint le cueillir à l’entrejambe. L’imbécile se courba et cria. Elle le poussa par-dessus la rambarde. La chute fut brève. Elle l’entendit hurler puis… Bris de glace, alarme… Electrochoc. Corps étendu, désarticulé. Plaisir inouï. Et le Blast s’en fut. Elle prit soudainement conscience qu’elle venait de tuer quelqu’un. Un ami de Trent qui plus est. Mais étrangement, elle n’en éprouvait pas le moindre regret. Elle avait déjà en tête ce qu’il fallait qu’elle dise pour s’en sortir sans problème. Peut-être même qu’elle réussirait à épargner la prison à son frère.
 
Le journal local lui fit un gros titre. « Une jeune fille agressée par un drogué met son assaillant hors d’état de nuire ». Le journal local n’était pas réputé pour ses formules coup-de-poing.  Lud était une petite ville de banlieue, ou il y avait peu d’emplois mais beaucoup de problèmes. Trent ne fut pas inquiété pour ce qui s’était passé, elle raconta que c’était Marc qui lui avait donné des produits. Elle joua à l’idiote. Tout alla bien. L’année suivante elle partait à l’école d’ingénierie, car les tests la prédestinaient à devenir électromécanicienne. Elle accompli une scolarité sans défaut mais sans éclats. Pas loin d’être major, trop peu concernée pour se faire remarquer, elle finit employée dans un atelier de récupération et réparation de vieux modèles. Là, elle travaillait sur tous types d’engins, du robot au grille-pain, du frigidaire à l’autopropulseur. Jamais ses connaissances n’attinrent des sommets. Elle ne fit pas de recherche, ni ne découvrit par hasard de formule miracle. En revanche, vivant avec peu de sous, et ses parents s’étant lavé les mains de son devenir, elle devait être capable de se débrouiller seule, et elle devint capable de réparer n’importe quoi avec n’importe quoi.


Mais quelque chose lui manquait. Elle avait quelques amis. Notamment une collègue un peu moins bête que les autres, et elle voyait toujours son frère. Ce n’était pas la solitude. Non, ce qui lui manquait, c’était le Blast. Elle en voulait plus. Elle en voulait encore. Ressentir de nouveau, vivre de nouveau. Elle se rappelait, les doigts gelés, les paumes brûlantes, son cerveau voguant à la dérive, s’évaporant, gouttant le long de ses cheveux. Elle continuait à se droguer, avec son frère, mais n’en prit jamais autant que le premier soir. Car, si le Blast l’attirait, il la terrifiait également. Tout ce vide dont elle avait eu conscience, ces vertiges qui l’avaient saisi. Cette jouissance proche de l’orgasme qu’elle avait ressenti lorsque le corps gesticulant du junkie s’était écrasé contre la voiture… Le vivre à nouveau c’était risqué. Très risqué. Déjà elle pouvait ne plus redescendre rester dans cet état à vie. Ensuite, elle risquait de s’en prendre à Trent, et elle ne le voulait pas. C’était son frère, son grand frère. Et elle l’aimait.
Elle vécut des histoires d’amour insipides ou elle finissait par s’enfuir. Elle vécut des amitiés éphémères ou elle finissait par se lasser. Elle vécut. Elle avait l’impression de perdre son temps. Seul l’atelier lui renvoyait encore un peu de joie.
 
 
Puis Trent mourut d’overdose. Elle avait vingt-huit ans, lui trente-trois. Un shoot d’héroïne de trop. Il s’éteignit. Le jour de l’enterrement que Louise subit le Blast pour la seconde fois. Elle n’avait pas dormi depuis plusieurs jours. Les parents, hypocrites à leur habitude, noyés dans un chagrin de vaudeville, les oncles et tantes, incapables de se rappeler ce que faisait Trent dans la vie. RIEN ! Il ne faisait rien bande de cons ! Il restait chez lui à hacker des logiciels et à s’envoyer des doses de plus en plus fortes de produits de plus en plus nocifs. Elle n’avait jamais ressenti une telle haine, un tel dégoût. Elle se réfugia dans les toilettes pour gober une ou deux pilules à la mémoire de son frère. Elle n’avait jamais pris de drogue par intraveineuse, Trent le lui avait toujours interdit, et c’était lui qui fournissait, donc… Elle avala une large dose de mescaline, qu’elle fit descendre d’une rasade de vodka. C’était cliché. Elle pleura dans les toilettes, n’interrompant ses sanglots que pour se rincer la gorge à l’alcool de patate.
Puis, une explosion. Ses sens altérés s’éveillèrent en alerte. Elle se précipita hors des toilettes du crématorium (personne n’avait voulu payer pour une sépulture, et Louise n’en avait pas les moyens) jusque dans la salle de réception. Là, chaos, cris, flammes. Un bus avait crevé, le conducteur avait perdu le contrôle, il avait traversé le parc à toute allure et était venu s’écraser contre le four, à travers la grande baie vitrée qui avait tant fait pleurer maman (« il aimait beaucoup la nature, la verdure, les animaux… »). Des corps en charpies, étalés un peu partout. Des oncles, des cousines. Elle chercha ses parents du regard, mais ils avaient déjà pris la fuite. Elle tremblait. Son regard humide se posa sur le bus, aplati, désarticulé. Comme le cadavre de Marc. Elle s’approcha d’un morceau de métal porté au rouge et y plaqua sa main. La douleur lui arracha un cri, puis, le Blast arriva. Elle arracha sa peau calciné de la surface bouillante et contempla la scène de nouveau. Tout arrivait en temps réel. Elle pouvait percevoir chaque chose comme elle l’était vraiment. Sa main s’égara un instant. Décharge électrique dans le bas-ventre. Tout était décuplé. Elle se mit à courir. Elle courut à travers la baie vitrée, comme le bus. Et le verre fragilisé céda sous son passage. Les éclats lui entaillèrent les épaules, les bras, le visage. Mais chaque nerf exacerbé lui renvoyait la même excitation.
 
Il n’est ni utile ni vraiment bienvenu de raconter ce qu’elle fit ensuite. Il suffira de dire qu’il y eut du sang, de la violence, et des échanges de liquides séminaux.
Puis la vie reprit son cours naturel. Personne ne sut ce qui c’était passé ce jour là. Et Trent étant mort, Louise n’avait plus personne a qui en parler.
 
 
Le troisième Blast surgit le jour de la collision. Louise allait au travail. Les rues étaient bondées. Elle arriva à l’atelier. La météorite s’écrasa, la terre trembla comme elle n’avait jamais tremblé. Au loin, elle aperçut une ombre grisâtre qui vint masquer le soleil. De la poussière. Qui avançait. Un nuage de poussière ardente qui venait sur eux à quatre cent kilomètres/heure. Le Blast la saisit. Bouche sèche, les doigts contractés en une posture absurde. Sueur perlant dans la nuque, sur le front. Cette fois elle ne courut pas. Du moins pas longtemps. Le Blast la sauva. D’un coup de coude, elle explosa la vitre de la voiture de son patron, une grosse cylindrée typique de ce genre de personne qui aime faire l’étal de leur réussite sociale. D’un coup de pied, elle fit sauter le cache sous le volant et fit toucher les fils. Elle démarra en trombe. Partout autour d’elle, panique, cris, gesticulations saugrenues. Elle roula à toute vitesse dans le sens opposé à l’impact, sans se soucier de savoir si elle renversait des gens sur son passage. Le sol convulsait. Comme Trent avant de mourir. Comme elle-même sur le balcon après sa première défonce. Les bâtiments partaient en lambeaux qui venaient s’écraser sur le bitume, emportant avec eux les kiosques, les passants, les enfants dans les poussettes. Louise slalomait entre les débris, roulait sur les cadavres et les blessés. La cylindrée jaillit hors de la ville. Sans pouvoir expliquer ce geste, Louise ouvrit les fenêtre, farfouilla d’une main fiévreuse dans son sac à dos et glissa un minidisc de A Place To Bury Strangers. Alors que la guitare rugissait, amplifiée et altérée par tant d’effets, et que la voix d’Oliver Ackermann criait « Everything always go wrong », Louise éclata d’un rire suraigüe. En effet, tout finissait toujours mal. C’était la beauté de la chose. Le vent dans ses cheveux, l’autoradio crachant du shoegaze au maximum de ses capacités, elle se sentait vivre. Elle était un point fixe dans l’univers qui défilait sous ses roues. Elle était cette voiture, elle sentait la route sous elle. Derrière elle, Lud partait en cendre et en morceaux, mais ça ne pouvait pas lui être plus égal. La vitesse de pointe de l’engin atteignait presque les six cent à l’heure, et la route était droite. Si droite. Elle finirait bien par distancer le nuage.
 
Lorsque le Blast se dissipa, elle était en sécurité. Son oncle Paul, mort durant l’enterrement de Trent, était un paranoïaque fini. Il vivait à la campagne au milieu d’une forêt, et avait usé sa part d’héritage pour la construction d’un abri anti-atomique. C’est dans cet abri que Louise reprit ses esprits. Saine et sauve. Elle s’endormit.
 
 
Elle demeura enfermée deux semaines. L’abri contenait deux mois de provision et d’eau, ainsi qu’un fusil de chasse. Lorsqu’elle se décida à sortir, armée malgré tout, ce fut pour ne trouver que ruines et désolation. De la forêt, il ne restait que des troncs calcinés, de la maison de feu l’oncle Paul, il ne restait rien. De la cylindrée, il restait quelques morceaux de métal éparpillés. Soudain, des bruits de moteurs la firent se retourner. Un groupe de types à moto. Ils approchaient en agitant des chaînes et poussant des cris bestiaux. Elle arma le canon du fusil et attendit. Trois motos d’une autre époque, fonctionnant probablement à l’énergie fossile, dont un side-car. Elles étaient en piteux état. Sur chacune d’entre elles, deux individus à l’apparence patibulaire, l’un conduisant, l’autre agitant une arme contondante. Ils l’encerclèrent, n’osant s’approcher trop près à cause du fusil. L’un d’eux prit la parole.
« Dis-donc poupée, pose ton flingue, on va pas te faire de mal »
Louise n’en fit rien.
            « Qui êtes-vous ? »
Les rustauds éclatèrent d’un rire gras.
            « On est des smokers ! Des durs de durs ! On fait partie des Burning Brains. »
Elle sembla réfléchir quelques instants, l’un d’entre eux en profita pour tenter de l’approcher subrepticement. D’un geste vif, elle lui envoya la crosse de son fusil dans la gueule. Il tomba au sol, le nez en miette, inconscient. Les autres reculèrent de quelques pas.
            « Bon, je me joins à vous. Vos bécanes sont ridiculement lentes. Avec quelques morceaux de métal et un feu suffisamment chaud je pourrais doubler voir tripler leur capacité. Emmenez-moi chez vous. »
Les énergumènes parurent surpris.
            « Mais c’est qu’on a plus de place »
Sans sourciller, Louise abaissa le canon de son fusil et logea une balle dans le crâne du type assommé.
            « Voilà. »
Les autres se regardèrent quelques instants, éberlués, puis partirent d’un rire tonitruant. Celui qui parlait jusque là l’invita à monter derrière elle. Ils démarrèrent.
            « Tu vas pas avoir de mal à t’adapter chez nous, poupée. Moi c’est Mandark. C’est quoi ton nom ? »
…         
 
« Havoc. »
 
 
Louise devint donc Havoc. Une smoker. Comme le lui avait prédit Mandark, elle se fit rapidement une place au sein des Burning Brains. Avec ses talents de mécanicienne, elle devint assez vite indispensable, ce qui assura sa sécurité. Personne ne s’en prenait à Havoc. Havoc réparait les bécanes, trafiquait les fusils. Havoc aiguisait les couteaux, fabriquait des bombes. Elle tuait sans montrer de pitié, et pillait avec un plaisir évident. Elle avait même construit un alambic. La première cheffe des Burning Brains, Brama, la protégea le temps qu’il fallut, principalement parce qu’elles couchaient ensemble. Lorsqu’elle  se fit descendre, Havoc n’avait plus besoin de protection, son utilité était déjà acquise aux yeux de tous. Havoc, valait mieux l’avoir vivante que morte. Pendant six mois, les chefs se succédèrent, sept en tout. Deux furent tués par des soldats, trois par un autre smoker ambitieux, et le dernier choisit simplement de partir. Puis les matériaux se firent rares. Les gens à attaquer moins nombreux. Il fallait quitter les alentours de Lud. On rapportait des nouvelles comme quoi un bastion avait été créé. Sous les ordres d’un nouveau chef, avec lequel Havoc n’avait que peu de contact, les Burning Brains se dirigèrent vers Neorbis. La route fut longue et beaucoup périrent en chemin. Mais grâce aux véhicules de la mécanicienne, et aux raids sur les petites communautés isolées pour se réapprovisionner, plus de la moitié du gang réussit à survivre et à atteindre la cité-refuge. Là, le mot d’ordre fut donné : dispersion. Le gang se séparait. Le nouveau chef était suffisamment sage pour savoir qu’ils ne seraient pas acceptés en ville s’ils arrivaient en un groupe si massif. Un jour peut-être, les Burning Brains se reformeraient. Mais en attendant, ils étaient des smokers sans gang. Havoc apprécia l’intelligence de la décision et ne pleura pas la perte de ses compagnons. Elle entra à Neorbis comme un poisson dans l’eau, se fondant dans la masse. Bien vite, elle trouva une vieille usine à sa convenance. Elle flingua les deux types qui y vivaient, répara quelques objets essentiels : un incinérateur qu’elle convertit en four de forge (dans lequel elle balança les cadavres), une table à manger dont elle fit un établi. Elle récupéra de quoi se faire un petit laboratoire, et commença à chercher dans les décombles, afin de trouver des objets récupérables. Sa vie de citadine commençait bien.


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MessagePosté le: Mar 29 Juin - 00:46 (2010)    Sujet du message: Publicité

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Nëlenia O'Kenelly
Civil/Humain

Hors ligne

Inscrit le: 19 Juin 2010
Messages: 83
Féminin

MessagePosté le: Mar 29 Juin - 09:35 (2010)    Sujet du message: Havoc Répondre en citant

Okay, là j'avoue que c'est un personnage sacrément tordu !
Enfin, quoi qu'il en soit, bienvenue parmi nous !

En soit, j'ai envie de dire que ta fiche est rigoureusement structurée, pas de soucis là dessus ^^
Il y a un juste quelque chose qui me turlupine un peu. Dans sa description physique tu dis que son corps à subi de violentes radiations et que sa peau à plus ou moins fondue par endroit ? Okay, pas de soucis. La question que je me pose c'est ; est ce du au cataclysme en lui même, ou le fait d'avoir vécu prêt du moins d'impact ? Parce qu'en théorie vu que ton personnage se trouvait dans l'abri anti atomique, tu ne devrais pas avoir été en contact de radiations.

Mais c'est tout, très bonne fiche dans l'absolu, on verra ça à ton retour !


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Nëlenia O'Kenelly
Civil/Humain

Hors ligne

Inscrit le: 19 Juin 2010
Messages: 83
Féminin

MessagePosté le: Sam 4 Sep - 21:20 (2010)    Sujet du message: Havoc Répondre en citant

Bon problème réglé pour ma part ^^ Zerval j'sais pas de contre indication, pour moi validé !

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Zerval
Invité

Hors ligne




MessagePosté le: Dim 5 Sep - 16:14 (2010)    Sujet du message: Havoc Répondre en citant

Si le problème est réglé tant mieux, j'attendais justement ça. Validation définitive pour moi.

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 20:25 (2018)    Sujet du message: Havoc

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